<\/span><\/h2>\n\n\n\n<\/p>\n\n\n\nMais commen\u00e7ons par le commencement : quels \u00e9l\u00e9ments de la vie d\u2019un jeune peuvent d\u00e9clencher ce \u201cteenage burn-out\u201d ? L\u2019\u00e9tat d\u2019\u00e9puisement professionnel chez l\u2019adolescent peut avoir plusieurs facteurs :
<\/p>\n\n\n\n
<\/p>\n\n\n\nScolaire<\/strong> : Comme le montre une \u00e9tude sur la sant\u00e9 et le bien-\u00eatre chez les jeunes, environ 23% des adolescents fran\u00e7ais se disent stress\u00e9s par leur travail scolaire (Currie et al., 2012). Dans de nombreuses institutions, notamment de la r\u00e9gion parisienne, la pression scolaire est effectivement tr\u00e8s forte. Il n\u2019est pas rare de voir les adolescents crouler sous leurs devoirs \u00e0 rendre, leurs le\u00e7ons \u00e0 conna\u00eetre ou encore le stress de leurs interrogations. Cette situation n\u2019est gu\u00e8re simplifi\u00e9e par la duret\u00e9 de certains professeurs, recherchant toujours plus de rigueur et d\u2019excellence sur les bancs de leurs classes. Ils n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 saturer de rouge la copie d\u2019un \u00e9l\u00e8ve de 3\u00e8me, parfois m\u00eame soulignant les erreurs de ce dernier devant tous ses camarades. Les notes, les bulletins, les classements, les conseils de classe\u2026 Tous ces concepts en viennent \u00e0 effrayer certains \u00e9l\u00e8ves, chez qui na\u00eet peu \u00e0 peu ce que les psychologues appellent \u201cla phobie scolaire\u201d.<\/p>\n\n\n\nParental<\/strong> : ce n\u2019est pas tout. Il est de plus en plus report\u00e9 que les enfants subissent beaucoup de pression dans le cadre familial \u00e9galement : pression de r\u00e9ussite sociale notamment, li\u00e9e au d\u00e9sir des parents de voir leur enfant \u201c\u00eatre le meilleur de sa classe\u201d et, plus tard, \u201cr\u00e9ussir sa carri\u00e8re\u201d. D\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge (dans les \u00e9tablissements fran\u00e7ais les plus reconnus, par exemple), les enfants sont mis en comp\u00e9tition les uns contre les autres. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est d\u2019ailleurs fortement favoris\u00e9 par la tendance des parents \u00e0 comparer leurs enfants \u00e0 leurs camarades de classe et souvent, \u00e0 la maison, \u00e0 leurs fr\u00e8res et soeurs (\u201cton fr\u00e8re avait une meilleure moyenne que toi, \u00e0 l\u2019\u00e9poque.\u201d). Pour cons\u00e9quences, l\u2019enfant victime de cette pression familiale pourra tenter de redoubler d\u2019efforts afin de davantage plaire \u00e0 ses parents, jusqu\u2019\u00e0 s\u2019\u00e9puiser \u00e0 la t\u00e2che, ou bien perdre tr\u00e8s rapidement go\u00fbt \u00e0 l\u2019\u00e9cole et se rebeller violemment. <\/p>\n\n\n\nLi\u00e9 \u00e0 l\u2019angoisse de l\u2019avenir<\/strong> : en bref, 47% des 15-18 ans se disaient “souvent sous pression” en 2014, selon une enqu\u00eate Ipsos\/Pfizer ! En France, le syst\u00e8me \u00e9ducatif entra\u00eene les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 exceller dans le domaine intellectuel tout particuli\u00e8rement : savoir \u00e9crire, compter, lire, d\u00e8s le primaire ou encore apprendre des po\u00e9sies et des le\u00e7ons par coeur. Peu de places sont laiss\u00e9es aux temps de d\u00e9tente, de cr\u00e9ativit\u00e9 ou de loisirs physiques, \u00e0 l\u2019inverse du syst\u00e8me \u00e9ducatif allemand, par exemple, o\u00f9 les apr\u00e8s-midis sont r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 ces fins. L\u2019enfant fran\u00e7ais a donc davantage de chance d\u2019\u00eatre angoiss\u00e9 car, comme l\u2019affirme Gis\u00e8le Georges, p\u00e9dopsychiatre : “notre soci\u00e9t\u00e9 [fran\u00e7aise] fabrique des enfants qui sont dans l\u2019obligation d\u2019optimiser au maximum leur temps de vie : ils doivent obtenir de bons r\u00e9sultats scolaires, pratiquer plusieurs activit\u00e9s en dehors de l\u2019\u00e9cole, \u00eatre comp\u00e9titifs au quotidien : c\u2019est beaucoup trop pour eux !” ; tout cela en seulement 24h, alors qu\u2019ils passent d\u00e9j\u00e0 5 jours sur 7, 7h par jour en moyenne (\u00e0 l\u2019exception du mercredi) \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Et oui. Pensons alors au jeune qui s’imaginera devoir tenir ce rythme pour les 60 prochaines ann\u00e9es de sa vie : comment ne pas \u00eatre pris d\u2019angoisse ?<\/p>\n\n\n\nUn manque de sommeil<\/strong> : S\u2019il est finalement bien connu que les adolescents doivent b\u00e9n\u00e9ficier de bonnes nuits de sommeil parce qu\u2019ils sont en pleine croissance et d\u00e9pensent beaucoup d\u2019\u00e9nergie, il est cependant de plus en plus vrai aujourd\u2019hui que ces heures de repos sont endommag\u00e9es par un stress chronique ou par l\u2019utilisation immod\u00e9r\u00e9e des nouvelles technologies (ordinateurs, tablettes, t\u00e9l\u00e9phones, consoles de jeux, etc. – introduites de plus en plus t\u00f4t dans les chambres \u00e0 coucher). <\/p>\n\n\n\nLes jeunes de 18-34 ans sont les plus \u201caccros\u201d aux NTIC (Les nouvelles technologies de l’information et de la communication), selon le rapport de l\u2019Institut du Sommeil et de la Vigilance, 2016. Ils sont plus nombreux \u00e0 \u00eatre somnolents dans la journ\u00e9e et leurs r\u00e9veils nocturnes sont plus longs. De plus, il passent plus de temps que les autres devant leur \u00e9cran le soir et moins de temps \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur pendant la journ\u00e9e. Ils s\u2019exposent donc peu \u00e0 la lumi\u00e8re du jour et, de ce fait, leur sommeil est encore plus impact\u00e9 par la lumi\u00e8re des \u00e9crans.
<\/p>\n\n\n\nAlors, quelles en sont les cons\u00e9quences ? Ces facteurs facilitant grandement l\u2019\u00e9puisement physiologique et psychologique ainsi que la sensibilit\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rentes situations (divorces, attentes parentales \u00e9lev\u00e9es, pression sociale) des jeunes (\u00e9l\u00e8ves de coll\u00e8ge, de lyc\u00e9e ou en \u00e9tudes post bac), ces derniers peuvent ne plus trouver de sens \u00e0 ce qu\u2019ils font et se poser de nombreuses questions : \u201cPuis-je faire mes propres choix ? Pourquoi suis-je oblig\u00e9 d\u2019aller tous les jours \u00e0 l\u2019\u00e9cole ou \u00e0 l\u2019universit\u00e9, si je n\u2019appr\u00e9cie pas ? A quoi sert d\u2019\u00e9tudier telle mati\u00e8re alors que je ne sais m\u00eame pas ce que je veux faire plus tard ?\u201d, etc. Ils peuvent finalement avoir un sentiment d\u2019impuissance face \u00e0 leur vie, surtout lorsqu\u2019elle est choisie pour eux par leurs parents (inscriptions \u00e0 tel club de sport, au conservatoire et autres activit\u00e9s extrascolaires, direction des \u00e9tudes et suivi des r\u00e9sultats attendus par ces derni\u00e8res). Enfin, ayant parfois l\u2019impression de ne b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019aucun soutien, ni parental ni scolaire, les \u00e9motions des jeunes adolescents et leur \u00e9quilibre quotidien peuvent donc \u00eatre mis \u00e0 rude \u00e9preuve et d\u00e9boucher sur de plus graves cons\u00e9quences, comme la d\u00e9pression, touchant en moyenne 11% des jeunes de 15 ans \u00e0 24 ans, soit 1 sur 10, selon le Barom\u00e8tre Sant\u00e9 2017.
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